Divine Comédie
Inimicus

Est-ce un simple frisson, ou son masque de jais ?
Je n’ai jamais su reconnaitre sa signature, si particulière
Insidieuse, une saveur sucrée, un traitre poison doux et amère
Quelque chose que j’ignore et que pourtant, je sais

Le blanc vire au gris, lentement, par manque de lumière
Les couleurs se cornent et fanent, indolente corruption
Trépassent mes défenses lorsqu’elle passe, glisse et se fond
Mon cœur cogne, se renfrogne, abandonne et se laisse faire

Raison et folie s’emportent dans un sordide ballet désarticulé,
Se confondent, se mélangent et se tutoient, par amour de la haine
A moins qu’elles, qu’ils ne détestent l’amour, se méprennent
Se plongent avec soin dans le chaos en chantant, enchantés

Mes doigts, mes ongles plongent dans ma chair, déchirent ma peau
Brisent mes os, cherchent à extraire ce spleen gluant qui me plombe
Liquide noir et poisseux qui se mélange au sang, creuse ma tombe
Imbibe mes entrailles, ma tête, mes bras, mes jambes et mon dos

Alors, dans ce dernier souffle, expirant ce qu’il me reste de vie,
Cette vérité crue m’éclaboussera le visage violemment,
Tout comme je souille déjà le sol de mon sang,
En cet ultime instant, je saurai que je suis mon propre ennemi

Simon