Divine Comédie
Description

En 2004, nous avions l'idée folle avec quelques amis de créer un jeu de rôle massivement multijoueur en ligne avec un gameplay émergeant et un background solide : Elewendyl. J'avais alors commencé une longue histoire pour décrire de l'intérieur la chute d'une guilde du peuple Xelrin, aboutissant à la création de la puissante organisation de l'ombre que sont les Yukurane. Le projet a été abandonné quelques années plus tard et, bien que je ne pense pas finaliser cette histoire, j'ai retouché une dernière fois le texte en 2012.

Les Ombres d'Hamelfer (extrait 1)

Cérès se réveilla en sursaut. Elle ne savait plus au juste depuis combien de temps elle subissait cet état second, ressassant bribes de pensées et cauchemars. Etait-ce vraiment des cauchemars ? Ils lui semblaient si réels dans ses délires, mais maintenant que la raison reprenait le dessus ils s'effilochaient, et le simple fait d'y penser empirait leur dégénérescence. Puis elle se rendit compte avec effroi qu'à part son nom et son âge, douze ans, elle n'avait plus aucun souvenir précis. Elle ne savait même pas où elle se trouvait, et cette chambre plongée dans l'obscurité lui était complètement étrangère.

Elle écarta une mèche de ses longs cheveux ébène, caressant de ses doigts fuselés la peau laiteuse de son visage. Elle aurait juré sentir du sang la souillant, mais après examen de ses doigts tremblants, il s'avéra que ce n'était qu'illusion. Aucune trace du vermeil de ses nuits agitées. Elle repoussa les draps avec difficulté et s'assit sur le bord du lit. La robe de nuit d'un blanc immaculé et bordée de fourrure qu'elle portait ne lui rappelait rien, et seule la torpeur dans laquelle elle était plongée l'empêchait de paniquer face à ce vide intérieur. Un rai de lumière fournissait assez de luminosité pour avoir une idée de la taille de la pièce, mais pas des détails plongés dans les ténèbres.

Bien qu'elle se sentit fébrile, comme si elle était restée longtemps alitée, elle se mit debout avec peine et se dirigea vers l'unique fenêtre, ses jambes tremblant sous l'effort. Les pierres froides lui glaçaient la plante des pieds mais lui permettaient de reprendre peu à peu ses esprits. Arrivant enfin à la fente blafarde, elle tira l'un des lourds rideaux et découvrit une cour enneigée quelques dizaines de mètres plus bas, entourée de murailles d'un blanc tout aussi immaculé. Au vu de la hauteur à laquelle elle se trouvait et de la largeur de l'enceinte, Cérès se rendit compte qu'il s'agissait d'un important complexe. Malgré son absence de souvenirs, elle était persuadée n'avoir jamais vu de construction aussi impressionnante. L'architecture à la fois simple et gigantesque coupait le souffle, et son unité avec la neige lui donnait un coté surnaturel. Elle était plongée dans la contemplation de ce spectacle quand on frappa à la porte.

Simon